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Salarié-Aidant : quand le développement de compétences rime avec exploitation

Dans de nombreux débats sur l'emploi des salariés-aidants, il est souvent avancé que ces derniers développent des compétences précieuses telles que la gestion de crise, la gestion du temps et des priorités. Cependant, cette affirmation soulève des questions quant à l'exploitation potentielle de ces compétences par les employeurs sans une compensation équitable.


L'idée selon laquelle les salariés-aidants devraient mettre en œuvre gratuitement les compétences qu'ils ont acquises dans leur rôle d'aidant familial est à battre en brèche. Ces compétences doivent être rémunérées, comme toute autre compétence mise en œuvre dans le cadre professionnel.

L'exploitation potentielle des compétences des salariés-aidants rappelle les débats passés sur l'emploi des femmes, où l'on justifiait leur embauche en mettant en avant des caractéristiques supposées liées à leur genre. Cette analogie met en lumière la nécessité de reconnaître et de rémunérer équitablement les compétences des salariés-aidants.

Il est impératif de reconnaître et de valoriser les compétences des salariés-aidants de manière équitable. Leur double rôle d'aidant familial et de salarié ne doit pas être exploité par les employeurs, mais plutôt respecté et compensé à sa juste valeur si l'employeur et le salarié s'y retrouvent. 


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Pour aller plus loin, écoutez l'épisode de podcast dédié à ce sujet


10 Raisons Urgentes pour les Entreprises d'Inclure les 

Salariés-aidants


1. Perte de Productivité en Vue : Les salariés aidants jonglent entre leur travail et leurs responsabilités d'aidant, entraînant fatigue et stress. Cette double charge peut diminuer la productivité et la performance globale de l'entreprise.


2. Absentéisme Accru : L'épuisement physique et émotionnel peut conduire à des absences fréquentes, impactant la continuité du travail et la gestion du personnel.


3. Turnover Élevé : Le manque de soutien pour les salariés-aidants peut les pousser à chercher des employeurs plus compréhensifs, entraînant un turnover coûteux pour l'entreprise.


4. Image de Marque Menacée : L'absence d'une politique d'inclusion peut nuire à l'image de l'entreprise, attirant des critiques sur les réseaux sociaux et provoquant des litiges juridiques.


5. Climat Social Détérioré : Le manque de compréhension entre les salariés aidants et non-aidants peut créer des tensions et nuire à la cohésion d'équipe.


6. Risques Juridiques : L'ignorance des droits des salariés aidants peut exposer l'entreprise à des poursuites, entraînant des coûts financiers et des dommages à l'image de marque.


7. Baisse de Créativité et d'Innovation : Le stress et l'épuisement des salariés aidants entravent leur capacité à contribuer à l'innovation et à la croissance de l'entreprise.


8. Désengagement Professionnel : Le manque de soutien peut conduire à un désengagement progressif, affectant la qualité du travail et la satisfaction des clients.


9. Opportunités Manquées : En négligeant les besoins des salariés-aidants, les entreprises risquent de passer à côté de talents et de compétences précieuses.


10. Perte d'Avantages Concurrentiels : En comprenant les besoins spécifiques des salariés-aidants, les entreprises peuvent développer des produits et services adaptés, renforçant ainsi leur avantage concurrentiel sur le marché.


En conclusion, il est impératif pour les entreprises de mettre en place des politiques inclusives pour soutenir les salariés-aidants, non seulement pour améliorer leur qualité de vie au travail, mais aussi pour garantir la performance et la compétitivité à long terme de l'entreprise.


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Pour aller plus loin, écoutez l'épisode de podcast dédié à ce sujet

L'aidance, porte ouverte vers la pauvreté

J'ai la chance d'interviewer Sandra Bouira, entreprepeneuse-aidante qui a milles vies : CEO du tiers-lieu Le Kwafice, présidente de l'association Kemil et ses amis, créatrice d'un programme d'accompagnement entreprenariat dédié aux aidant..e.s, ancienne auditeure en enetreprise... et qui est surtout pour moi une inspiration. 

Cet article est librement inspiré de cet interview : pour écouter le podcast 


Sandra Bouira analyse très finement la spirale négative de l'aidance, qu'elle résume avec les étapes ci-dessous


#Paye ta dependance

Ce qui m'a très vite tendu en devenant aidante, c'est la question du coût. 3000 euros minimum le mois en EHPAD; frais en tous genre pour couvrir les soins et imprévus. Et cela me tendait d'autant plus que la question du coût de l'aidance, aucun aidant n'en parlait. Pire, internet ne cessait de me répéter qu'il existait des aides, des aides, des aides. Or, j'étais trop riche pour y accéder mais sans ses aides, j'allais m'appauvrir.
Je me suis appauvrie.

600€ par mois à sortir.

Du jour au lendemain.

J'ai tenu 2 ans et demi.

Cela veut dire 

Utiliser mon découvert chaque mois (coucou les agios) 

Grillé toute mon épargne disponible (5k€ à sortir pour l'entrée en EHPAD : caution, mois d'avance, solder les dettes,etc)

Divisé par 2 le montant mensuel du remboursement de mon appart. 


Bref, à la recherche de toutes les économies possibles. Aussi appelé voix express vers la pauvreté et la relégation sociale

 

Et mon employeur qui faisait tout pour que je cesse de travailler

Au boulot, ça ne se passe pas bien. Une "dirigeante" à qui j'ai fait l'erreur d'expliquer ma situation de nouvelle aidante, va me mener la vie dure. Refus de télétravail supplémentaire (alors que mon job était 100% télétravaillable), refus de prime (en dépit de l'atteinte des résultats,) dénigrement. Liste non exhaustive. La médecine du travail s'en mêle et veut me mettre en arrêt...parce que c'est toujours plus simple que de rappeler à l'ordre l'abuseur. 

Je refuse les arrêts. J'ai été manager. je connais la difficulté à ré intégrer un salarié après des arrêts de travail longs et/ou à répétition. 


Et puis surtout j'ai besoin d'argent !!!!

Si j'arrête de travailler, je paye comment l'EHPAD ?!

Santé personnelle ou bien-être de son parent ?

Ce genre de choix ne devrait pas exister


En conclusion

Faites tout ce que vous pouvez pour ne pas cesser de travailler. 

Pour préserver/ne pas trop détériorer votre pouvoir d'achat, garder un lien social, être et faire quelque chose d'autre que l'aidance, n'arrêtez pas de travailler. 

Switcher vers un autre poste ou autre secteur

Envisager de vous former

Développer votre activité en tant qu'entrepreneur


Vous êtes aidant.e et vous vous interroger sur votre parcours professionnel ? N'hésitez pas à me contacter et parlons-en !


Même proposition pour les employeurs. Il est impératif que vous agissiez pour vos salariés-aidants en anticipant les solutions d'employabilité à leur proposer. Ne rien faire, c'est augmenter l'absentéisme, impacter négativement la QVT et la productivité de l'entreprise. Contactez-moi et agissons ensemble !



Les 3 grandes étapes de l'aidance.  On fait le point

Le réseau Mixité Alter Egales de la Caisse des dépôts et des Consignations m'ont sollicitée pour témoigner de mon expérience de salariée-aidante. J'ai donc eu l'occasion de rappeler les 3 grandes étapes que traversent tout.e aidante. Il est primordiale de savoir où l'on en est dans son parcours d'aidant.e. Sans cela, l'on peut mener des actions qui peuvent être préjudiciables, tant pour nous que pour la personne dont nous prenons soin. 

A votre convenance, écoutez le podcast ou lire ci-dessous

 

 Je suis un.e aidant.e qui s'ignore

 Plus 50% des aidants ignorent qu'ils sont aidants. C'est problématique car vous risquez de vous épuiser, de minorer certains aspects, pour vous et votre aidé.e. De la maltraitance peut survenir. Je pends l'exemple de notre mère. Celle-ci avait perdu beaucoup de poids. Mais au lieu de dire « Non, mais il y a un truc, » ma sœur et moi, on alternait pour venir la voir très régulièrement et faire en sorte qu'elle mange. Je lui avais acheté des laits protéinés. Ma sœur venait pratiquement tous les jours, voire deux fois par jour. On mettait en place plein de choses pour compenser une situation dysfonctionnelle. Nous ignorions que ma mère rentrait dans la perte d'autonomie et que nous devions des aidantes. Tout cela nous apparaissait normal. 

 

Aidant.e malgré soi; aidant.e pas reconnu.e

Vous découvrez que vous êtes aidante parce qu'un tiers vous colle cette étiquette. Souvent le corps médical. J'ai une amie qui me disait « Moi, c'est à la médecine du travail. Elle m'a dit « Écoutez Madame, ce que vous me décrivez, là, vous êtes une personne qui a porté de l'aide à titre non professionnel, de manière très régulière. Vous êtes une aidante. » On vous assigne une nouvelle identité dans laquelle vous ne vous reconnaissez pas tout à fait. 

Il y a aussi le paradoxe d'être désigné par des tiers comme aidant.e mais vous avez peu ou pas voix au chapitre. Les administrations ou de nouveau le corps médical ne prennent pas en compte vos alertes, remarques...mais se retournent vers vous en cas de difficulté avec votre proche ! C'est une période émotionnellement très difficile. Les émotions et sentiments se déchaînent : imporession d'injustice, colère, fatigue, culpabilité.


Je suis aidant.e et je l'assume 

Dans cette période, on ose dire « Oui, je suis aidante de ma mère ou de telle ou telle personne et il va falloir faire avec et pas faire contre moi. Ça veut dire que je suis aidante et je n'ai pas moins droit au chapitre que vous. Je suis aidante et vous allez voir, on va trouver des façons de fonctionner tous ensemble." On arrive davantage à s'imposer, à poser les limites, à soi, aux autres, à son proche. Cette période signe l'acceptation de cette nouvelle identité, l'acceptation que le passé ne reviendra pas; à savoir ce moment où votre proche pouvait prendre soin de lui de façon autonome. 


En conclusion

Evidemment, ces trois périodes sont schématiques. On peut naviguer entre les 3. Etre dans le chapitre 3, et puis, pour une situation, revenir dans le 1 et puis repartir dans le 2 et puis rester bloquée dans le 2. Quand on sait que  44% des aidants déclarent avoir développé des troubles anxieux ou des maladies chroniques, il est important que vous déterminiez à quelle étape vous vous situez. Je peux tout à fait vous aider à faire ce point. N'hésitez pas à me contacter. 

Même proposition pour les employeurs. Il est impératif que vous agissiez pour vos salariés-aidants. Ne rien faire, c'est augmenter l'absentéisme, impacter négativement la QVT et la productivité de l'entreprise. Contactez-moi et agissons ensemble !

 



"Tes parents se sont occupés de toi, à toi maintenant" : en êtes-vous sûr.e.s ?

Quand j'interviens auprès de groupe d'aidant.e.s ou en entreprise face à des salariés, j'entends souvent "c'est normal de s'occuper de ses parents, ils nous ont élevés." J'interviens immédiatement face à ces discours normatifs en expliquant que cette réciprocité est une fausse évidence. Je rencontre des aidants pour qui l'aidance est une situation de souffrance qui se voit amplifiée par le fait que leur parents ont été maltraitants avec eux.

Le saviez vous 1 français sur 10 a été victime d'inceste en France (Source / Inceste France)

L'aidance est un moment où l'on peut être très fragile. Cela vient réveiller des choses compliquées, surtout lorsqu’il s’agit d'aider nos parents âgés qui perdent en autonomie de manière irréversible. Nous devons envisager la mort de nos parents qui forcément vient titiller notre propre finitude. Si en plus, l'aidant - qui plus est s'il a été victime de maltraitance parentale-  se voit asséné des phrases culpabilisantes comme " normal de t'occuper de tes parents âgés", ça peut être catastrophique.  

Quand j'accompagne des aidants dans leur parcours de proches aidant.e.s, je m'abstiens de tout jugement. Mon but est de permettre à l'aidant d'y voir dans son parcours : établir un diagnostic de sa situation (où est-il ?), l'informer des grandes étapes qu'il va rencontrer, l'aider à s'y préparer. In fine, l'aider à construire un parcours d'aidance qui lui ressemble et qui soit juste pour lui. 

Je m'abstiens de juger ou d'ordonner : « Fais ci, fais ça. » 


Si vous souhaitez approfondir, je vous invite à écouter le podast où j'évoque mon accompagnement. Dans la 2eme partie. Vous pouvez aussi me contacter pour que nous puissions voir en quelle mesure je pourrais ou non vous épauler dans votre parcours d'aidance. Pour cela, prenez rendez-vous ici


Toujours anticiper : l’état d’esprit de l’aidant.e


Durée de lecture : 3 min

Vous préférez un audio ? C'est ici dans mon podcast, Au Secours mes parents vieillissent ! 


Aidante auprès de ma mère octogénaire, il m’a fallu plusieurs années avant de comprendre que sans anticipation, je serai toujours dépassée. Depuis que ma mère est atteinte des troubles cognitifs sévères, les imprévus peuvent être légion…et ce même si elle réside aujourd’hui dans un Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD).


On pourrait croire qu’une fois en EHPAD, la charge dévolue à l’aidant.e va disparaitre. Faux. Même si votre proche est désormais en maison de retraite, vous devez continuer à anticiper tout ce qui peut l’être. Dans ces lignes ci-dessous, je vous dévoile mes tips et bonnes pratiques pour être prêt.e à parer à toute éventualité afin d’accompagner votre proche du mieux possible…tout en vous préservant ! 


Une fois votre proche en maison de retraite, les consultations médicales ne disparaissent pas pour autant ! rendez-vous chez le dentiste, le podologue, le cardiologue La liste est infinie. Il va souvent s’agir de consultation de spécialistes ou nécessitant des appareils médicaux difficiles à déplacer. 

Dans l’exemple de notre mère – je suis aidante principale avec ma sœur – elle devait être examinée par un podologue. 


Anticiper, oui mais quoi ? L'exemple du rendez-vous médical







Que puis-je anticiper pour le Jour J du rendez-vous ?


Arrivez bien en avance à l’EHPAD. Bien que vous ayez prévenu, votre parent ne sera peut-être pas prêt, pas habillé, etc. De plus, pour les personnes atteintes de démence, changer leur environnement est source de vives angoisses. Les presser et les brusquer est à eviter. En arrivant tôt, vous pourrez prendre le temps nécessaire redire à votre proche ce qu’il va se passer, répondre à ses questions,  s’assurer qu’il a pu passer aux toilettes avant le départ, etc. De plus, en arrivant en avance vous pourrez récupérer le dossier médical. Il n’est pas exclu que lorsque vous arrivez, l’infirmier soit en soin dans les étages, etc.


Une fois que le rendez-vous a eu lieu, mettez de suite en place les actions à suivre. Un rendez-vous médical pour nos proches dépendants est souvent associé à d’autres rendez-vous. Ayez le en tête. Préparez vous mentalement à cette éventualité pour rester mobilisé.e. Si j’en reviens à ma mère, l’action à mener suite au rendez-vous a été de replanifier un rendez-vous pour récupérer les semelles, acquérir de nouvelles chaussures. J’ai aussi transmis aux infirmiers de l’EHPAD le dossier en leur faisant un retour sur la consultation.


Pour bien anticiper, imaginez le pire !


C'est de loin la meilleure façon d'être dans un état d'esprit d'anticipation. Faites-vous peur. Envisagez les pires choses qui pourraient arriver. Ensuite, demandez-vous « OK, pour que ça ne se passe pas ainsi, voilà ce que je peux faire ! » Vous pourrez même vous prendre au jeu. Et si ce n'est pas le cas, sachez qu'anticiper va vous simplifier votre vie d'aidant.e. Paradoxalement, imaginer le pire est le meilleur antidote contre les imprévus et les difficultés.  Cela aidera à ce que le rendez-vous se passe au mieux  tant pour votre proche que pour vous. Vous arriverez au rendez-vous mieuxdisposée émotionnellement. Moins sous tension. Anticiper vise aussi à cela : diminuer au maximum les situations inconnues et stressantes afin que vous n'ayez pas à subir de pression excessive.


Anticipez un moment pour vous


Prévoyez de vous octroyer une pause, une récompense, quelque chose qui vous donnera du plaisir. Après le rendez-vous et aussi peut être la veille du rendez-vous, prévoyez un temps pour vous.  Nous autres aidant.e.s, nous nous disons « pas de souci, c’est bon, je gère.». Or, ce qui use les aidants est l’accumulation de choses çà gérer pour son proche sans jamais pouvoir se ressourcer.  Obligez-vous à vous octroyer des pauses et des moments plaisir. C'est une façon de rester connecté.e à vous-même, de savoir où en est votre jauge d'énergie, d'envie. 


Prévenir l'épuisement  est vital. C'est le fléau n°1 chez les aidants. Je le constate chez tous les aidants qui se tournent vers moi. J'insiste donc énormément sur cet aspect avec eux : "que peux-tu mettre en place pour toi ? pour ne pas t'oublier ?" Ce n'est qu'une petite facette de l'accompagnement que je propose aux aidants de leurs parents. L'anticipation est par ailleurs l'état d'esprit de mon accompagnement. D'où les ressources que je crée. Sans anticipation, l'aidance devient absolument infernal. 


Pour savoir si je peux vous accompagner pour vivre au mieux cette période d'aidance que vous êtes en train de vivre ou que vous allez vivre, parlons-en


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